Consulter un ou une sexologue

La sexologie est une science relativement récente. Ayant vu le jour au Québec tout doucement à partir de 1969, ce n'est qu'en 1974 qu'un premier département universitaire au monde forme des sexologues et cela se passe à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), au cœur de la vie francophone de Montréal. Progressivement, et suite à de nombreuses évolutions de programmes universitaires, les sexologues se forment pour obtenir un baccalauréat puis possiblement à la maîtrise, soit à titre de clinicien ou spécialisé en éducation sexuelle ou enfin, dans un volet recherche. Quelles que soient ses études, tout sexologue est donc formé pour répondre aux questionnements, faire de l'éducation, de la prévention et être à l'écoute de la réalité de chacun. Le rôle du sexologue bachelier pourra être d'analyser les besoins d'une personne, de prendre les données et informations de la situation vécue, de répondre à ses questions et favoriser sa réflexion. Le sexologue clinicien, selon son courant de pensée, pourra en plus poser un diagnostic et proposer une démarche thérapeutique pour soigner la difficulté ou la souffrance de la personne.

Dans sa démarche personnelle, le choix de consulter un sexologue implique donc de souhaiter apprendre à se connaître, désirer améliorer son vécu et oser changer. C'est le début du « comment apprendre à faire différemment » devant un problème qui existe peut-être depuis longtemps. Ainsi, quand une personne vit quelque chose de difficile, elle essaie souvent de régler à sa façon le problème. L'aide des proches, de la famille, des ami(e)s ou des connaissances servira de base à la réflexion qui s'amorce. Tout le monde connaît, en ce sens, des personnes généreuses dans les conseils à proposer. Qui n'a pas entendu des phrases du style : « Je le sais ce qu'il te faut, tu devrais… », ou encore : « Je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas, mais je connais quelqu'un qui a vécu cela et lui il a… », ou la célèbre : « Dans mon livre à moi… ». Nous voilà, après tous ces élans de bonne volonté, avec quelquefois des résultats décevants ou des situations difficiles qui persistent. C'est souvent à ce moment qu'une personne en recherche de solutions songera à consulter un professionnel. Pourquoi un sexologue plutôt qu'un psychologue ou un autre professionnel de la santé? Cette question n'est pas simple à répondre car à la base, tout thérapeute devrait nécessairement tenir compte de l'individu qui est devant lui, de ce qu'il est comme personne, de l'éducation qu'il a reçue, des événements importants de sa vie et des problèmes auxquels il est confronté. De plus, même devant un problème non sexuel, souvent le «comment» la personne gère sa sexualité nous donne une bonne indication de ce qu'elle est dans la vie.

Alors pourquoi un sexologue? Naturellement, quand une personne vit difficilement sa sexualité, c'est souvent parce qu'il y a peu de satisfaction vécue au quotidien. Devant le choix de consulter, la première question à se poser devient : « Est-ce que je vais être capable de parler de ce que je vis? », car souvent, selon l'éducation reçue, la timidité personnelle, les tabous vécus face à la sexualité, il est quelquefois difficile de parler de peur d'être jugé ou incompris. À ce niveau, une consultation doit se passer dans un lieu calme et accueillant où il est facile d'être à l'aise. Ensuite, le sexologue doit amener la personne à parler d'elle, de ce qu'elle vit et de réfléchir avec elle en toute objectivité. L'important est de connaître pour comprendre. Toute consultation se fait donc dans un cadre respectueux et confidentiel.

Quelles sont les raisons les plus fréquentes qui amènent une personne à consulter?
À la base, ce sont souvent les extrêmes, c'est-à-dire les situations d'excès. Une personne vit trop peu sa sexualité avec une absence de désir ou de plaisir ou, à l'inverse, elle n'arrive pas à contrôler l'importance que cela prend en elle. Il peut alors arriver qu'elle se sente envahie par son excitation et qu'elle vive cela en consommant par exemple beaucoup de pornographie, ou en désirant faire souffrir d'autres personnes, connues ou inconnues, par de la violence, s'exprimant sous forme d'abus ou de maltraitance de toutes sortes. Ainsi, que ce soit à titre d'agresseur ou de victime, beaucoup de personnes ressentent le besoin de se guérir de leurs souffrances. Outre la problématique de l'exploitation sexuelle, il y a tellement de motifs à la consultation que la liste est sans fin. Les raisons sont nombreuses et très variées, mais reposent sur la même base. Cela peut se manifester de différentes façons mais en général, outre le sentiment d'insatisfaction, il y a toujours des éléments tels, un mal-être, de l'incompréhension, de la méconnaissance, des tensions, des émotions comme la peur, la colère, la tristesse ou le dégoût qui amènent une personne à ne pas savoir être bien avec elle-même et/ou avec d'autres personnes dans sa sexualité. Dans ce contexte, l'important, c'est de se donner les moyens de changer. Vouloir changer en ayant vécu une absence d'éducation sexuelle, ou des expériences douloureuses repose sur le choix de ne pas rester seul, isolé ou de vivre dans le silence. Il est possible de s'adapter aux changements, de régler ce qui nous fait souffrir même si cela dure depuis des années.

Ma conviction profonde, c'est que collectivement notre société évolue très rapidement et se délivre progressivement de nombreux problèmes sexuels. Malgré cela, individuellement, beaucoup de gens vivent mal leur sexualité en pensant qu'ils ne peuvent pas changer. Je regrette que ces idées persistent encore. Vous trouverez ici, des sexologues auprès de qui vous pourrez retrouver un lieu de parole, un lieu d'échange et un lieu de solution pour répondre à vos questions. Nous avons quitté une époque où la sexualité était considérée comme représentant le mal, les injustices et l'anormalité, mais il reste encore beaucoup trop de honte et de culpabilité. Maintenant, nous connaissons les moyens pour que tout cela change. Il faut simplement vouloir. Vous trouverez ici un lieu de changement.

Alain Gariépy
Sexologue clinicien