Psychoaffectifs

Mariage forcé, violence et abus, ITSS et VIH-Sida, grossesses non désirées, dépendance aux drogues et à l’alcool; les répercussions de l’exploitation sexuelle sont d’emblée nombreuses et complexes et varient en fonction de la réponse que chaque individu a devant son expérience d’abus. Elles peuvent se traduire en dynamiques de compensation ou d’autodestruction, tels une faible estime de soi, des sentiments de culpabilisation et de honte, la consommation de substances et la dépression, ou encore en mécanismes de défense où, afin de rendre le quotidien plus supportable, la victime se crée une réalité illusoire et se résigne à sa situation d’exploitation en se convainquant qu’elle y reste par choix. Richard Poulin évoque la notion de dissociation émotionnelle, comme clivage entre l’esprit et le corps objectivé, qui se construit selon lui à la fois comme condition de survie puis comme conséquence de l’exploitation sexuelle.[1] Plusieurs demeureront dans le milieu de la prostitution ou, dans un processus de revictimisation ou en l’absence de ressources et d’espoir en leur capacité à connaître une vie meilleure, retourneront ultérieurement vers l’industrie du sexe.

[1] Poulin, Richard. 2005. « Mondialisation des industries du sexe, crime organisé et prostitution : Éléments d’une sociologie de la production ''prostitutionnelle'' ». In L’Agression sexuelle : coopérer au-delà des frontières, Cifas 2005, sous la dir. de Monique Tardif, p. 27-46. Montréal : Institut Philippe-Pinel de Montréal.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.