Exploiteurs

Suivant les informations publiées par l’Organisation Internationale du Travail (OIT)[1], il existerait trois formes d’organisation des trafiquants : les entreprises et groupes criminels organisés, qui fonctionnent respectivement par structure pyramidale et par réseaux, souvent impliqués dans d’autres secteurs d’activités illégales et au sein desquels le remplacement d’un maillon de la chaîne n’affecte pas ou peu les autres niveaux; les petits groupes de criminels organisés, qui se spécialisent dans le transport des victimes; et, la forme la plus courante, les intermédiaires ou amateurs, lesquels sont des individus qui ne fournissent qu’un type de service régulièrement ou sporadiquement (recrutement, faux papiers, transport, etc.) et qui constituent parfois des membres de la famille ou des amis des victimes.

En complément au caractère informel de cette industrie, les trafiquants démontrent une grande capacité d’adaptation au changement, d’où l’ampleur des difficultés liés aux enjeux de la lutte à l’exploitation sexuelle. Georgina Vaz Cabral souligne cette dynamique : « La traite des êtres humains est un phénomène d’une extrême complexité lié aux migrations et à la recherche d’espoir. C’est un crime qui évolue en permanence en s’adaptant aux différents pays, aux contextes politiques, aux systèmes juridiques, avec des routes, des acteurs et des moyens variables. [...] Le fait que les exploiteurs n’aient pas de profil homogène est un des facteurs qui oblige la répression à être multisectorielle, flexible, évolutive et parfois imaginative. »[2]

[1] International Labour Organisation, UNICEF et UN.GIFT. 2009. Training manual to fight trafficking in childen for labour, sexual and other forms of exploitation. Geneva : ILO 2009, v. 4, 56 p.
[2] Vas Cabral, Georgina. 2008. « Le trafic de personnes et la traite des êtres humains ». Accueillir, no 245, p. 21-23.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.