Dimensions de l'exploitation sexuelle

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Exploitation sexuelle des enfants et conduites excessives:
Prévention, problématique et intervention

Publié le 26 juillet 2011

La prostitution se définit comme une activité qui consiste à échanger des relations sexuelles en échange de biens ou de services, que ce soit sur une base de rémunération, de cadeaux ou autres types d’échanges.

Situation légale et âge de consentement

Actuellement, la criminalisation est effective au Canada sur certains actes relatifs à la prostitution, comme par exemple la sollicitation. Mais les lois canadiennes visent à enrayer le crime organisé et l’exploitation sexuelle des enfants et à protéger les victimes de la traite ou de trafic sexuel et d’autres formes de violence sexuelle, que ce soit au Canada ou dans des situations de Canadiens à l’étranger (i.e. l’application de lois extraterritoriales). Sur le site Internet du Ministère de la Justice du Canada, l'âge de consentement aux activités sexuelles est de 16 ans. Par contre, l'âge de consentement légal est de 18 ans lorsque l'activité sexuelle relève de l'exploitation de la personne, parmi laquelle nous pouvons compter:
- la prostitution
- la pornographie
- toute relation d’autorité, de confiance ou de dépendance
- l'âge de la jeune personne
- la différence d'âge entre la jeune personne et son partenaire
- l'évolution de la relation (caractère rapide, secret ou rencontre par Internet)
- toute forme de contrôle, manipulation, escroquerie ou violence

Positions

Il existe une diversité de positions au sujet de la prostitution. On assiste, au Canada, principalement à deux courants ou approches à la prostitution. On retrouve, d'une part, le courant féministe néo-abolitionniste qui considère la prostitution comme une forme d’ES qui n’est pas un choix et qu’il faut donc abolir ou éradiquer la prostitution. D'autre part, il y a le courant du travail du sexe qui considère que les personnes font le choix de ce métier et militent pour l’amélioration des conditions de travail. Même si leurs finalités divergent, les deux approches sont toutes deux contre la légalisation de la prostitution et sont en faveur de la décriminalisation de la personne qui se prostitue. Malgré le fait qu'à première vue, les deux positions peuvent sembler en stricte opposition, il existe donc des points en commun; les différentes se situent souvent au niveau de l'application. Par exemple, la position pour le travail du sexe désire une décriminalisation complète de la prostitution et des activités y étant rattachées alors que la position néo-abolitionniste privilégie généralement uniquement la décriminalisation la personne qui se prostitue.

Absence d'égalité entre les sexes et relations de pouvoir

Impliquant majoritairement un asservissement des femmes pour une consommation par les hommes, la femme est considérée comme un objet et se retrouve pratiquement toujours en position d’infériorité et de soumission à la gente masculine. Selon une récente etude, plus de 80 % des prostitués-es interviewées avaient consultées un professionnel de la santé au cours de la dernière année, le plus souvent à des fins gynécologiques, psychosociales, respiratoires, digestives et en lien avec la dépendance aux drogues. Seulement un tiers d’entre eux ont dit recevoir des services et des traitements par rapport aux ITSS. [1]

La prostitution: la cause et l'effet

La prostitution est à la fois une cause et une conséquence de l'exploitation sexuelle. Du point de vue de la cause, la vaste présence de la prostitution perpétue l'existence de l'exploitation sexuelle (notamment des enfants qui sont dans l'incapacité d'émettre un consentement libre et éclairé en raison du manque de maturité psychoaffective) et contribue au trafic et à la traite des êtres humains. Au niveau personnel, plusieurs prostitués-es qui subissent de la violence de la part des proxénètes, qui développent de la dépendance aux drogues et à l'alcool ou encore subissent des expériences d'agressions sexuelles et connaissent des séquelles aux plans sexuel et interpersonnel. Au plan des conséquences, la prostitution est également, à l'inverse, un des effets de l'exploitation sexuelle. On observe que beaucoup de personnes qui se prostituent ont connu des expériences antérieures d'agression sexuelle et vivent des difficultés psychoaffectives, sociales ou financières. Le phénomène est également largement banalisé dans plusieurs sociétés la demande persiste, sinon augmente, de pays en pays.

Certains auteurs invitent à se questionner à savoir si la prostitution serait un manque de choix plutôt qu’un choix comme tel. En ce sens, il est intéressant de faire un parallèle entre cette dynamique et la dépendance aux drogues: alors que la prise de drogues peut avoir été provoquée en lien avec le contexte de prostitution, plusieurs continuer à se prostituer afin, entre autres, de payer leurs consommations.

Suite à venir

[1] Nguyen, Minh-Nguyet, Thérèse Venne, Isabel Rodrigues et Julie Jacques. 2008. Why and According to What Consultation Profiles Do Female Sex Workers Consult Health Care Professionals? A Study Conducted in Laval, Québec. Health Care for Women International, p. 165-182. En ligne. http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/07399330701738226.

 

La pornographie, en devenant accessible, est désormais un phénomène social banalisé, faisant partie de notre quotidien. Le problème n'est plus de savoir comment aller vers la pornographie sur Internet, mais plutôt d'arrêter celle-ci de venir vers nous. Actuellement, tous les publics peuvent y avoir accès, rendant son potentiel infini. Les recettes générées par cette industrie sont telles que même les discours alarmistes n'ont pu avoir d'influence sur le phénomène. À ce titre, faire de la prévention dans le but d’enrayer la pornographie est devenu illusoire; sa réalité anonyme la rend implacable.

Cette recette est simple et joignable du bout des doigts, par un simple clic. Le choix des fantasmes proposés est incroyable. Telle une liste d'épicerie, si vous avez imaginée une idée, elle existe; d'autres l'ont matérialisée. Très efficacement construite pour répondre à la réalité masculine, et bien que de plus en plus offerte pour les femmes, elle gratifie l'excitation des hommes pour son efficacité. Elle permet le regard discret. Les scripts sexuels que renferment la majorité des scènes en viennent qu'à définir un style pornographique, un nouveau type de sexualité en soi : l’immédiateté ou la sexualité instantanée, la disponibilité féminine, le fantasme lesbien, le rite de la fellation et la femme insatiable. La pornographie est devenue une intégration du monde extérieur vers soi, à l'inverse des fantasmes qui originent généralement d'une projection de notre monde intérieur. La sexualité n’est donc plus vécue activement, mais passivement.

Malgré des efforts timides pour scénariser des fantasmes féminins, l'omniprésence masculine est évidente dans la pornographie. La pornographie ne joue plus sur le niveau d’érotisme et de nudité, mais sur le niveau de violence et de dégradation des femmes. L’objet est féminité: le contenu est masculinité. Les rôles de pouvoir sont désormais devenu l’élément-clé du succès de la porno : la pornographie est une création humaine volontairement réductrice. Elle ne crée donc plus de lien qui unit de façon complémentaire l'univers féminin et l'univers masculin. À une époque où des personnes devaient, dans la réalité de la prostitution, être en contact avec l'autre, ses odeurs et le contact de sa peau, la prostitution virtuelle innove par le produit : vous achetez maintenant des images et du son. Comme quoi la sexualité lucrative trouve, dans son mode de comptabilisation, une façon de vous joindre via l'un ou l'autre de vos sens. La subtilité de toute cette organisation rend le contexte des échanges ambigus : pornographie ou prostitution virtuelle?

Consultez Pornographie et sexualité virtuelle pour lire davantage au sujet de la prostitution.

Ces notions renvoient à deux phénomènes distincts dans leur forme, bien qu’ils aient en commun des éléments de mobilité et d’exploitation sexuelle. Les différences se situent principalement dans le consentement, l’exploitation et la nature transnationale de la migration.[1] Le trafic, ou l’immigration illégale, renvoie au fait d’assurer l’entrée clandestine à travers les frontières d’un État d’un ou de plusieurs migrants ayant consenti au transport et aux conditions de travail subséquentes, à des fins de profits. La traite, quant à elle, « désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation »[2]. Par opposition au trafic, la traite peut donc être dite interne ou externe, soit respectivement à l’intérieur ou à l’extérieur d’un pays, et implique que l’exploitation demeure après la mobilisation.
 

[1] Nations Unies. 2007. « Traite des personnes ». En ligne. 6 p. <http://www.unodc.org/documents/human-trafficking/HT_GPATleaflet07_fr.pdf>. Consulté le 27 mai 2010.
[2] Ibid.
[3] International Labour Organisation, UNICEF et UN.GIFT. 2009. Training manual to fight trafficking in childen for labour, sexual and other forms of exploitation. Geneva : ILO 2009, v. 4, 56 p.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

Le tourisme constitue la plus importante industrie au monde[1]. Son marché est très compétitif et les produits qu’il propose ont pour but d’attirer des clients, notamment par le biais de la promotion des bénéfices émotionnels que ces deniers peuvent en retirer. Ce secteur d’activité pluridisciplinaire est en constante évolution, au sein duquel des formes novatrices de loisirs et de divertissements émergent tout en s’adaptant aux besoins des voyageurs en proposant des excursions « extraordinaires » passant de séjours de relaxation à des aventures stimulantes[2]. Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, 842 millions de touristes se rendent à l'étranger, chaque année.[3]

Le tourisme sexuel constitue une forme d’exploitation sexuelle pratiquée par des individus se livrant des actes sexuels en contexte de voyage. Parallèlement au développement des communications et de l’industrie du voyage, la hausse du nombre de touristes et de destinations augmente les possibilités de recours à la prostitution et ce, particulièrement pour les voyageurs qui planifient leurs itinéraires avec l’intention d’obtenir des relations sexuelles dans un milieu où les mécanismes de protection sont plus souples. En tant que pratique d’individus qui engagent des actes sexuels en contexte de voyage sous rémunération en argent ou en nature, le tourisme sexuel constitue à la fois une forme et un facteur d’une problématique plus large qu’est l’exploitation sexuelle à des fins commerciales ou, en d’autres mots, la maltraitance sexuelle en échange de biens ou de services[4]. Parallèlement au développement de l’Internet et de l’industrie du voyage, l’augmentation du nombre de touristes et de destinations augmente les possibilités de recours à la prostitution.

Certains auteurs tendent à diviser cette réalité en trois catégories distinctes, soit la prostitution classique, le voyage sexuel et l’utilisation d’escorte occasionnelle[5]. Les voyageurs s’adonnant à la prostitution classique, forme qui serait la plus répandue, se rendraient dans des pays en voie de développement, principalement en Afrique et en Asie, plus particulièrement dans les endroits qui sont reconnus pour la fréquentation de femmes, hommes ou enfants offrant des services sexuels. Il s’agirait de la forme la plus aisément reconnaissable en raison du caractère public des prostitués qui sollicitent aux vus et sus de tous, des autorités comme des clients éventuels, prêt à tout pour se nourrir ou subvenir aux besoins de leurs familles.

En ce qui a trait aux voyages sexuels, ceux-ci sont décrits comme des voyages organisés par des agences touristiques occidentales et qui proposent à leurs clients de leur faire découvrir les habitudes sexuelles d’autres pays. Certaines agences iraient même jusqu’à assurer à leurs clients la disponibilité de garçons et de filles vierges, sous contrat, afin de rassurer les plus craintifs contre la propagation du sida ou autre infections transmissibles sexuellement[6]. Par conséquent, cette promesse obligerait les organisateurs à enrôler des travailleurs de plus en plus jeunes, afin d’assurer le respect de cette condition.

Finalement, l’utilisation d’escortes occasionnelles est décrite comme l’emploi par un touriste d’une même personne, pour la durée de son voyage, à des fins sexuelles[7]. Pour la durée de son séjour, le touriste se voit accompagné dans ses activités par son escorte qui lui offre compagnie et gratification sexuelle, et ce, en échange d’argent, de cadeaux, sorties et autres privilèges. Selon ces auteurs, ce phénomène a pu être observé notamment à Cuba où les escortes séduisent les touristes dans le but de quitter le pays. En 1998, près de 3000 Européens se seraient mariés avec une Cubaine.

Dans une toute autre vision, certains auteurs tendent à étudier le tourisme sexuel sous un angle différent, allant bien au-delà de la simple gratification sexuelle. En premier lieu, il serait important selon ces derniers, de départir le concept de prostitution à celui du tourisme sexuel[8] [9]. En effet, ce dernier ne peut être réduit qu’au simple échange monétaire en retour de gratifications sexuelles, ce qui se rapporte davantage à la prostitution. Au contraire, de nombreux facteurs doivent être pris en compte afin de mieux cerner les dimensions du tourisme sexuel.

Tout d’abord, l’intention des voyageurs est à considérer. Celle-ci s’étendrait bien au-delà de la simple satisfaction sexuelle, chose qu’ils pourraient obtenir à même la prostitution et ce, sans besoin de sortir du pays. Dans la majorité des cas, la gratification sexuelle n’est qu’un bonus plutôt que le motif principal ou unique de leur déplacement et ces touristes iraient la chercher ailleurs que dans les endroits typiquement fréquentés par les prostitués[10]. Une majorité d’auteurs mentionne que de nombreuses rencontres sexuelles effectuées dans le cadre d’un voyage sont plutôt attribuable à un ensemble de prédispositions ou d’opportunités : rencontre d’une personne avec laquelle il y a une « connexion » ou besoin de contrer la solitude [11] ainsi que le caractère marginal du voyage en termes d’espace temporal et d’intensité émotionnelle[12].

[1] Ryan, Chris et Rachel Kinder. (1996). Sex, tourism and sex tourism : fulfilling similar needs? Tourism Management, vol. 17, no. 7, p. 507-518.
[2] Godlewski, Grzegorz et Maria Wereszczuk. (2010). Sex tourism : A function or a dysfunction of the contemporary travel sector? Polish Journal of Sport and Tourism, no. 17, p. 7-14.
[3] Organisation Mondiale du Tourisme. (2007). Tourisme : Enjeux majeurs et grands chantiers. 40 pages.
[4] International Labour Organisation, UNICEF et UN.GIFT. 2009. Training manual to fight trafficking in childen for labour, sexual and other forms of exploitation. Geneva : ILO 2009, v. 4, 56 p.
[5] Goddin, Marine, Laure Delmoly et Laure Manent. (2006). Travail des enfants et tourisme sexuel. Novethic : L’investissement socialement responsable (ISR), vol. 6, p.
[6] Ibid.
[7] Ibid.
[8] Oppermann, Martin. (1999). Sex Tourism. Annals of Tourism Research, vol. 26, no. 2, p. 251-266.
[9] Harrison, D. (1998). Tourism and prostitution: Sleeping with the enemy? Tourism management, vol. 15, p. 435-443.
[10] Oppermann, Martin. (1999). Sex Tourism. Annals of Tourism Research, vol. 26, no. 2, p. 251-266.
[11] Harrison, D. (1998). Tourism and prostitution: Sleeping with the enemy? Tourism management, vol. 15, p. 435-443.
[12] Ryan, Chris et Rachel Kinder. (1996). Sex, tourism and sex tourism : fulfilling similar needs? Tourism Management, vol. 17, no. 7, p. 507-518.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

Bien qu’il n’existe pas de causes directes à l’exploitation sexuelle, la pauvreté constitue un facteur important dans le recrutement des victimes d’exploitation sexuelle et est souvent caractéristique aux pays d’origine. Contrairement à la croyance populaire, les enlèvements s’avèrent d’ailleurs plus rarissimes comme source de recrutement - et ce, bien que les médias en projettent autrement. Alors que certains enfants vont être approchés par des membres de leur propre communauté ou par d’autres enfants, les filles et les femmes peuvent être séduites par un homme qui leur promettra une vie meilleure, travail ou encore mariage. Dans certains pays, en Asie du Sud-Est notamment, les enfants sont vendus par des membres de leurs propres familles ou peuvent être incités à intégrer l'industrie du sexe afin de subvenir aux besoins de leurs familles.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

Par opposition au trafic, la traite peut donc être dite interne ou externe, soit respectivement à l’intérieur ou à l’extérieur d’un pays, et implique que l’exploitation demeure après la mobilisation. Le flux migratoire s’effectue ainsi entre des pays d’origine (source), de transit (itinéraire) et de destination (lieu d’exploitation)[1]. En plus des mesures de maintien des victimes dans le milieu une fois arrivées dans le pays de destination, le transport entraîne pour les victimes un manque de ressources et de repères, une méconnaissance de la langue du pays, une absence d’assurance maladie ou de recours à l’assistance sociale et autres situations susceptibles de restreindre la fuite des victimes.

[1] International Labour Organisation, UNICEF et UN.GIFT. 2009. Training manual to fight trafficking in childen for labour, sexual and other forms of exploitation. Geneva : ILO 2009, v. 4, 56 p.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

Une fois recrutés à des fins d'exploitation sexuelle, différentes mesures de contrôle ou de maintien des victimes sont exercées par les proxénètes. En plus de la duperie et la coercition, la détention des passeports, la consommation de drogues ou d'alcool et le manque de ressources contribuent à préserver un contrôle sur les victimes d'exploitation sexuelle. L’essence même des relations de pouvoir occupent un rôle central dans la construction et le maintien d’un lien de dépendance au proxénète, oscillant de la vulnérabilité des enfants par leur manque d’autonomie aux motivations financières ayant initialement entraîné la majorité des adultes à émigrer de leur pays. Selon l’article La traite des femmes et des enfants publié par le Parlement Européen, « les enfants sont des proies faciles puisque les trafiquants ont moins de difficulté à les convaincre par l’usage de la contrainte, de la tromperie ou de la manipulation car ils sont plus dépendants des adultes et ont moins de chances d’échapper à une relation d’exploitation. » [1] Cette dynamique de dépendance prend également, lors du recrutement, la forme d’un lien de confiance.

[1] Parlement Européen. Droits des citoyens et affaires constitutionnelles. Direction générale des politiques internes. 2005. La traite des femmes et des enfants. Rédigé par Hélène Calers, sous la direction de Danièle Réchard. Bruxelles : Parlement Européen, 16 p.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

Un ensemble de circonstances et de facteurs renforcent les risques et la vulnérabilité des victimes potentielles d’exploitation sexuelle :

­- Personnels : Ignorance, cupidité ou pression de consommation, perte d’un proche, historique d’abus ou de violence, invalidité, implication dans des activités criminelles, dépendance à la drogue;
­- Familiaux : Conflits intrafamiliaux, difficultés financières ou à subvenir aux besoins des membres de la famille, absence de soutien parental (ou d’un adulte), désintégration de la famille ou séparation des membres, violence domestique;
­- Sociaux : Pratiques et mentalités traditionnelles (discriminations sexistes, ethniques et autres), migration et urbanisation, occupation militaire prolongée, désastres naturels, conflits sociaux ou situations de violences, développement touristique;
­- Institutionnels : disparités dans l’accès à l’éducation, lacunes dans les systèmes ou processus légaux tels la déclaration de naissance ou les douanes frontalières, mécanismes d’abus d’autorité ou de corruption, absence d’inspection et modalités de contrôle en milieu de travail.[1][2]

Ces facteurs de risques incitent certaines personnes à fuir leur vie quotidienne ou à situer l’espoir à l’extérieur de leur réalité. En ce sens, les situations de survie et de pauvreté laissent donc transparaître une précarité dans la satisfaction les besoins primaires, ce qui a donc pour effet de renforcer la volonté qu’éprouvent ces individus à combler leurs manques. Peu importe l’âge de la personne en situation d’exploitation sexuelle, la victime devient dépourvue d’autonomie ou, de façon plus exhaustive, est dans l’incapacité de se vivre librement, sans contrainte et en absence de toute dépendance financière, morale, intellectuelle, affective ou autres.

[1] ECPAT International. S.d. « Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales : causes et facteurs parmi d’autres ». En ligne. 4 p. http://csecworldcongress.org/PDF/fr/Yokohama/Background_reading/Briefing_notes/causesandcontributingfactors_fr.pdf. Consulté le 27 mai 2010.
[2] International Labour Organisation, UNICEF et UN.GIFT. 2009. Training manual to fight trafficking in childen for labour, sexual and other forms of exploitation. Geneva : ILO 2009, v. 4, 56 p.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

Suivant les informations publiées par l’Organisation Internationale du Travail (OIT)[1], il existerait trois formes d’organisation des trafiquants : les entreprises et groupes criminels organisés, qui fonctionnent respectivement par structure pyramidale et par réseaux, souvent impliqués dans d’autres secteurs d’activités illégales et au sein desquels le remplacement d’un maillon de la chaîne n’affecte pas ou peu les autres niveaux; les petits groupes de criminels organisés, qui se spécialisent dans le transport des victimes; et, la forme la plus courante, les intermédiaires ou amateurs, lesquels sont des individus qui ne fournissent qu’un type de service régulièrement ou sporadiquement (recrutement, faux papiers, transport, etc.) et qui constituent parfois des membres de la famille ou des amis des victimes.

En complément au caractère informel de cette industrie, les trafiquants démontrent une grande capacité d’adaptation au changement, d’où l’ampleur des difficultés liés aux enjeux de la lutte à l’exploitation sexuelle. Georgina Vaz Cabral souligne cette dynamique : « La traite des êtres humains est un phénomène d’une extrême complexité lié aux migrations et à la recherche d’espoir. C’est un crime qui évolue en permanence en s’adaptant aux différents pays, aux contextes politiques, aux systèmes juridiques, avec des routes, des acteurs et des moyens variables. [...] Le fait que les exploiteurs n’aient pas de profil homogène est un des facteurs qui oblige la répression à être multisectorielle, flexible, évolutive et parfois imaginative. »[2]

[1] International Labour Organisation, UNICEF et UN.GIFT. 2009. Training manual to fight trafficking in childen for labour, sexual and other forms of exploitation. Geneva : ILO 2009, v. 4, 56 p.
[2] Vas Cabral, Georgina. 2008. « Le trafic de personnes et la traite des êtres humains ». Accueillir, no 245, p. 21-23.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

À venir

Mariage forcé, violence et abus, ITSS et VIH-Sida, grossesses non désirées, dépendance aux drogues et à l’alcool; les répercussions de l’exploitation sexuelle sont d’emblée nombreuses et complexes et varient en fonction de la réponse que chaque individu a devant son expérience d’abus. Elles peuvent se traduire en dynamiques de compensation ou d’autodestruction, tels une faible estime de soi, des sentiments de culpabilisation et de honte, la consommation de substances et la dépression, ou encore en mécanismes de défense où, afin de rendre le quotidien plus supportable, la victime se crée une réalité illusoire et se résigne à sa situation d’exploitation en se convainquant qu’elle y reste par choix. Richard Poulin évoque la notion de dissociation émotionnelle, comme clivage entre l’esprit et le corps objectivé, qui se construit selon lui à la fois comme condition de survie puis comme conséquence de l’exploitation sexuelle.[1] Plusieurs demeureront dans le milieu de la prostitution ou, dans un processus de revictimisation ou en l’absence de ressources et d’espoir en leur capacité à connaître une vie meilleure, retourneront ultérieurement vers l’industrie du sexe.

[1] Poulin, Richard. 2005. « Mondialisation des industries du sexe, crime organisé et prostitution : Éléments d’une sociologie de la production ''prostitutionnelle'' ». In L’Agression sexuelle : coopérer au-delà des frontières, Cifas 2005, sous la dir. de Monique Tardif, p. 27-46. Montréal : Institut Philippe-Pinel de Montréal.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

À venir

Alain Gariépy, dans son article Abus et satisfaction sexuels : du paradoxe au renouveau dans un univers culturel différent, fait un parallèle intéressant entre l’expérience antérieure d’abus sexuel et ses répercussions ultérieures en matière de relations interpersonnelles : « Ainsi, plus une personne met ses espoirs à vouloir s’exprimer par sa sexualité, plus elle risque d’avoir de la difficulté à s’y investir si ses apprentissages se sont faits dans un contexte de contrainte où une autre personne s’est appropriée, à des fins personnelles, son idéal intime. [...] Cette personne, en manque de repères positifs différents, aura peu d'espoir pour se vivre autrement. »[1] Cet extrait renvoie plus largement aux difficultés qu’auront les victimes d’exploitation sexuelle à vivre une sexualité saine – et ce non seulement au sens des rapports sexuels, mais également en matière de désir, de plaisir, de la capacité qu’à l’individu à lâcher-prise en présence de son partenaire, à lui faire confiance et à se sentir en sécurité dans toute la dimension du dévoilement à l’autre que recèle une relation intime.

[1] Gariépy, Alain. 2008. « Abus et satisfaction sexuels : du paradoxe au renouveau dans un univers culturel différent ». Sexologie Actuelle, vol. 17, no 1-2, p. 13-15.
 

Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

Contexte socioculturel
Le contexte d'agression et les difficultés connexes à cette expérience entraînent trop souvent des mécanismes de défense et de fermeture. D’une part, dans une culture ouverte, permissive, où les femmes peuvent s'exprimer et défendre leur style de vie, l'agression est vécue de façon singulière, où prédominent un sentiment d'injustice et confusion dans un vécu émotionnel oscillant entre la peur, la tristesse, la colère et le dégoût. D’autre part, dans une culture où les normes sociales sont plus répressives en regard de la sexualité, où l’affirmation des femmes est restreinte et où les contraintes priment sur l’expression individuelle, la situation prend un sens différent puisqu’elle laisse transparaître une problématique culturelle. C’est donc dans cette optique de souffrance collective que l’intervention en contexte social international se distingue de la souffrance personnelle, bien que toute situation d’abus engendre d’importantes répercussions au plan intrapersonnel.

Conceptions psychosociales et banalisation de la violence
Afin de faire le lien entre les conséquences d'un abus et la capacité de vivre de la satisfaction sexuelle, il faut d’emblée s'interroger sur le potentiel d'épanouissement et d'affirmation qu'une personne possède, en terme de latitude, dans son milieu d'appartenance. Pour mesurer toutes les difficultés liées à l'abus, il faut donc tenir compte de divers éléments, notamment:
- La place des femmes dans leur milieu de vie
- L'image des femmes auprès des hommes
- L'accessibilité aux soins de santé et d’éducation

Nombreux autres facteurs variant selon les contextes peuvent entrer en ligne de compte, parmi lesquels nous pouvons entre autres mentionner les rapports de proximité, les traditions, les coutumes, les rites, les interdits et les valeurs morales ou religieuses. Néanmoins, plus il y a de contraintes à l'épanouissement d'un individu, plus les difficultés à se vivre autrement prévalent. Au fil de nombreuses rencontres professionnelles faites dans différents pays au cours des quatorze dernières années, il a été possible de s'interroger sur un certain nombre de facteurs. Quand une femme se sent régulièrement dévalorisée, humiliée, voire agressée dans sa vie au quotidien, qu'elle considère comme habituel de ne pas être reconnue, acceptée, valorisée, nous pouvons constater que les mécanismes d'adaptation à accepter la maltraitance augmentent de façon significative.

De plus, quand, dans un même environnement, une femme constate régulièrement que d'autres femmes vivent au quotidien un certain nombre d'abus qui se ressemblent, il y a des risques significatifs que cette violence soit perçue comme normale, voire acceptable. À titre d’exemple, une femme qui a vu sa mère, ses amies ou encore ses voisines être maltraitées laisse davantage place à l’appropriation de repères négatifs, dans le développement du cadre de références propre à l’individu, et une espérance à se vivre différemment comme peu probable. Dans un tel contexte, le désir et le plaisir sexuels perdent de leur sens. Les femmes en viennent donc à percevoir les hommes en général, et plus spécifiquement leurs partenaires amoureux ou sexuels, comme peu agréables, ou désirables. Étant davantage perçus comme menaçants, il devient plus facile de comprendre le faible intérêt que représente pour elles l'espoir de vivre de la satisfaction sexuelle. De nombreuses femmes victimes de violence sexuelle ou d'abus sexuel par un proche ou un inconnu pouvaient avoir de la difficulté à différencier des concepts tels la satisfaction, le bonheur, le bien-être, la sécurité... Le caractère inaccessible de ces idéaux entraîne de nombreuses femmes abusées vivant dans un environnement qui limite leur épanouissement à se questionner sur ces valeurs, puisque trop souvent elles ne peuvent envisager qu'elles pourraient se vivre autrement.

La difficulté des femmes à différencier la satisfaction des autres composantes de la sexualité renvoie à une mentalité collective qui est naturellement intégrée quand une culture adopte des valeurs, des attitudes et des comportements similaires qui s’avèrent limitatifs pour l'épanouissement d'une personne. Cette personne, en manque de repères positifs différents, aura peu d'espoir pour se vivre autrement. Le collectif prédomine alors sur l'individuel. Comme le propose la pensée jungienne[1], la réalisation de soi et le concept d'individualisation, dans une perspective de satisfaction sexuelle, ne peuvent prendre sens chez une personne abusée où l’environnement l’amène à se replier sur elle-même. De ce fait, il semble alors plus simple de comprendre la portée du terme insatisfaction, lequel renvoie à une sensation d'insuffisance, d'inachevé et de manque, que d’identifier tout ce à quoi renvoie le concept de satisfaction compte tenu du manque d’expérience positive y étant lié. Comment peut-on alors différencier la satisfaction sexuelle du bonheur quand les deux semblent inaccessibles? Il faut bien comprendre que la satisfaction sexuelle telle que définie ici, soit axée sur l’épanouissement, est un concept très occidental qui ne s’exporte pas facilement à un mode de vie dans une culture où il est devient difficile de s’affirmer.

Dans une réalité douloureuse, où peut-on la retrouver dans l'imaginaire? Comment ouvrir à l'espoir, libérer les rêves? Comment porter à réflexion l'inconscient collectif d'une culture qui tolère la maltraitance? Comment trouver les messages qui sensibiliseront à l'importance de faire des apprentissages, d'acquérir des connaissances sur les femmes, leur sexualité, la bientraitance? Ouvrir à la satisfaction, c'est aussi ouvrir à son contenu : satisfaction du moment présent, de soi, de l'autre, de l'expérience vécue? La satisfaction telle que nous la concevons est-elle un processus ou une finalité? Guy Corneau, dans son livre Le meilleur de soi[2], propose une idée dynamique dans ses représentations de l'arbre de soi. Pour lui, la satisfaction est un espace intégré dans une démarche vers l'autonomie. Pouvons-nous, dans un contexte sexuel, affirmer qu'une personne qui vit une satisfaction sexuelle est une personne qui peut accéder à son autonomie et sortir de ses mécanismes de dépendance? Et si tel est le cas, comment est-il possible de situer cette expérience dans un contexte d'exploitation sexuelle? À la base, il s’agit de se rappeler qu'une femme abusée qui se met en colère, qui dit non, est une femme qui réagit et se défend. Dans la mesure où il devient possible de nous adapter à leur réalité ou à leur contexte de vie, nos expériences passées sur le terrain nous permettent d’être optimistes dans notre capacité à favoriser un devenir différent.

[1] Jung, C.G. (1964). Dialecte du Moi et de l'Inconscient, Éditions Gallimard, p. 116.
[2] Corneau, Guy (2007). Le meilleur de soi, Éditions de l'Homme, p. 30
 

Rédigé par Alain Gariépy, Sexologue clinicien, Président de l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Gariépy, Alain. 2010-2011. « Abus et satisfaction sexuels: du paradoxe au renouveau dans un univers culturel différent ». Sexologie Actuelle , vol. XVII, no 1-2, (automne-hiver), p. 13-15.

Tel que rapporté dans l'analyse Transational crime in the developing World publiée en 2011 par Global Financial Integrity, le trafic humain représenterait le 3e crime le plus rentable au monde[1]. Cette industrie, à elle seule, rapporterait 31.6 $ milliard de dollars à l'échelle mondiale. Selon les estimations de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) rapportées par cette même analyse, 2.5 millions de personnes seraient victimes de trafic humain, desquelles 1.4 million seraient victimes d'exploitation sexuelle à des fins commerciales.

L'article Prostitution, pornographie et capital: La mondialisation de la souffrance, rédigé par Martin Rhodine et publié sur Sisyphe, émet un résumé frappant de l'envergure de l'industrie du sexe à l'international. « La prostitution est devenue en outre une véritable stratégie de développement pour certains États : sous l’obligation de remboursement de la dette, de nombreux États d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique se voient forcés de mener des politiques inhumaines. Le Fonds monétaire International, la Banque mondiale, qui ont offert des prêts importants, encouragent ces pays sous-industrialisés à "développer l’industrie du tourisme". Cela a bien sûr entraîné l’envolée du commerce sexuel. En Thaïlande, sur les 4 milliards de dollars de revenus du tourisme, au moins 75% vont au commerce du sexe. [...] En 1995, les revenus de la prostitution en Thaïlande constituaient entre 59 et 60% du budget gouvernemental! [...] La pornographie infantile ou pseudo-infantile (kiddie or chicken porn) constitue 48,4% de tous les téléchargements des sites commerciaux pour adultes. »[2] Selon cette même source, les achats de matériel sexuel explicite sur Internet aux États-Unis s'élèveraient entre 1 et 2 milliards de dollars, ce qui représente entre 5 et 10 % de l'ensemble des ventes sur le web.

La prostitution, à elle seule, génèrerait plus de 185 milliards de dollars à travers le monde [3]. Globalement, l'industrie du sexe, incluant la prostitution, la pornographie, le tourisme, la traite et le trafic sexuels, est considérée par plusieurs comme étant le secteur générant le plus de revenus à l'échelle internationale.

[1] Global Financial Integrity. 2011. Transnational crime in the developing World. Washington, DC: Global Financial Integrity, 58 p. En ligne. http://www.gfintegrity.org/storage/gfip/documents/reports/transcrime/gfi_transnational_crime_high-res.pdf.
[2] Rodhine, Martin. 2003. Prostitution, pornographie et capital: la mondialisation de la souffrance. Sisyphe. En ligne. http://sisyphe.org/spip.php?article725.
[3] Havoscope black markets. S.d. Prostitution Market Value. En ligne. http://www.havocscope.com/black-market/prostitution/prostitution-ranking/.