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Les rôles de l'industrie du voyage, des entreprises et du secteur privé
L’IQSC et le TQEC félicitent et encouragent hautement les entreprises qui s’engagent à la prévention de l’exploitation sexuelle des enfants, notamment avec les efforts des transporteurs aériens à combattre le tourisme sexuel tel que promu par le Regroupement pour la Responsabilité Sociale des Entreprises. Dans cette visée de mouvement collectif, nous invitons donc les organismes et les entreprises à réfléchir à leur rôle dans la prévention de l’exploitation sexuelle et à s’engager pour la cause en prenant part à une déclaration commune contre l’exploitation sexuelle.

La place des sexologues dans la lutte à l'exploitation sexuelle [1]
Prostitution, pornographie, traite et trafic sexuels, tourisme sexuel, mariage forcé, violence et abus, ITSS et VIH-Sida, grossesses non désirées, dépendance aux drogues et à l’alcool; la lutte contre l’exploitation sexuelle à l’échelle mondiale interpelle d’emblée une concertation de professionnels de compétences interdisciplinaires. Parmi les six recommandations formulées par ECPAT International dans le cadre du Troisième Congrès Mondial Contre l’Exploitation Sexuelle des Enfants et des Adolescents tenu à Rio de Janeiro en novembre 2008, l’une d’entre elles fait directement appel aux compétences d’intervention des sexologues : « Initier un programme pour faire face aux valeurs et croyances fondamentales de la communauté qui permettent et perpétuent la violence sexuelle et l’exploitation sexuelle contre les enfants ».[2] La nature complexe de cette problématique concorde donc intégralement avec la formation multidisciplinaire des sexologues au Québec en matière d’intervention éducative et préventive. Néanmoins, la pertinence de l’implication d’autres types de professionnels semble indispensable à un apport complémentaire à cette spécificité essentiellement psychosociale et à des compétences relevant, par exemple, du remaniement des mesures législatives. L’exploitation sexuelle demande donc une coordination globale des instances juridiques, de l’industrie du voyage et du tourisme, des intervenants psychosociaux et, plus largement, une sensibilisation globale auprès l’ensemble de la population.

 

[1] Rédigé par Kim Brière-Charest, Sexologue B.A., Sexologue et adjointe au président à l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Brière-Charest, Kim. 2010. « L’Industrie du sexe à l’échelle internationale ». Sexologie Actuelle : Sexologues Sans Frontières, vol. XIX, no 1, (automne-hiver), p. 7-9.

[2] Dottridge, Mike. 2008. La traite d’enfants à des fins sexuelles : Une contribution d’ECPAT International au Troisième Congrès Mondial Contre l’Exploitation Sexuelle des Enfants et des Adolescents, Rio de Janeiro, Brésil, 25-28 novembre 2008. Bangkok : ECPAT International, 28 p.

 

À venir

Prise en charge des victimes d'exploitation sexuelle
Tenter de soigner une personne qui a eu à se construire dans un contexte abusif ouvre sur un certain nombre de paramètres complexes. À la base, la sexualité, dans ses modes d'intégration et d'expression, ouvre à l’individu la possibilité de développer une capacité à poser un regard sur elle-même grâce à ses expériences de vie, son choix de partenaire et plusieurs autres facteurs personnels. Ces caractéristiques relèvent toutes d'un point commun : la possibilité de choisir et de décider. Le contexte abusif, quant à lui, repose toujours sur un constat inverse selon lequel ce qu’une personne désire offrir lui est brutalement retiré. En effet, les conséquences qu’entraîne un abus sexuel sur le vécu d'une personne soulèvent une incohérence entre les attentes et les répercussions réelles que soulèvent les événements au quotidien. Ainsi, plus une personne met ses espoirs à vouloir s'exprimer par sa sexualité, plus elle risque d'avoir de la difficulté à s'y investir si ses apprentissages se sont faits dans un contexte de contrainte où une autre personne s'est appropriée, à des fins personnelles, son idéal intime.[1]

Suite à venir

Prise en charge des agresseurs sexuels

L’introduction du concept des conduites excessives dans le Colloque international sur l'exploitation sexuelle des enfants et les conduites excessives a pour but, entre autres, de mettre l'emphase sur l'importance de la prévention de la récidive chez les agresseurs sexuels, toujours afin d'optimiser notre capacité de protection des victimes. Suivant l’article Méta-analyse de l’efficacité du traitement des délinquants sexuels : risque, besoin et réceptivité de Sécurité publique Canada (2009), « les taux de récidive sexuelle et de récidive en général des délinquants traités étaient moins élevés que les taux observés dans les groupes témoins (moyennes non pondérées de 10,9 % contre 19,2 % dans le cas de la récidive sexuelle; 31,8 % contre 48,3 % dans le cas de la récidive en général) » (p. 24), ce qui représente une moyenne de diminution de la récidive sexuelle d’environ 43,2 % et de 34,2 % pour la récidive en général. C'est donc dans cette visée que le Colloque aspire à poser un regard global et réfléchi et, sans écarter nos avancées, à recadrer nos acquis dans une démarche de compréhension de l’humain.

[1] Rédigé par Alain Gariépy, Sexologue clinicien, Président de l’Institut Québécois de Sexologie Clinique. Tiré et adapté de : Gariépy, Alain. 2010-2011. « Abus et satisfaction sexuels: du paradoxe au renouveau dans un univers culturel différent ». Sexologie Actuelle , vol. XVII, no 1-2, (automne-hiver), p. 13-15.