Visée et objectifs

En célébrant le 20e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant en 2009, nous réaffirmons toute l’importance que revêt la lutte pour prévenir et répondre aux besoins des enfants qui sont victimes de violence, d’exploitation et d’abus. Un enfant, comme tout autre être humain, a le droit d’être protégé contre ces violations. Et pourtant, rappelons que l’Unicef estime à 2 millions le nombre d’enfants victimes d’exploitation sexuelle à des fins de prostitution ou de pornographie et à 1,2 million le nombre d’enfants victimes de la traite, annuellement. Ces chiffres sont alarmants et ils illustrent que, ici comme ailleurs, ces crimes privent un enfant d’un développement sain et d’un épanouissement dont chaque être humain est en droit d’espérer. Une des caractéristiques les plus marquantes de ce phénomène complexe repose sur la capacité des mécanismes et des acteurs impliqués dans l’exploitation sexuelle à s’adapter rapidement aux changements, législations et nouvelles technologies. Tout en soulignant les efforts considérables déployés au fil des années face à ce phénomène, nous nous devons donc de continuellement actualiser les actions à entreprendre, de même que d'entamer une prise de conscience sur notre façon de réagir à ce problème d’ordre mondial. La dimension de l’excès explore ainsi une série de comportements pouvant mener à des actes criminels et qui comportent un risque significatif de souffrir ou de faire souffrir.

Notre rôle, en tant que professionnels-les oeuvrant dans les domaines de la santé, des services sociaux, de l’éducation, du milieu juridique et des secteurs privés, est donc de cerner la façon dont l’individu se vit dans ce déséquilibre afin de pouvoir lui proposer des pistes de solution pouvant s’adapter à son mode de fonctionnement. Que l’on privilégie un axe préventif ou de prise en charge, comprendre et rendre accessibles les composantes de telles difficultés nous permet non seulement de prendre conscience des souffrances ressenties par certains, mais également de développer des outils pouvant leur apporter une aide concrète. Une concertation de spécialistes de renoms et une mise en commun de compétences interdisciplinaires semblent donc indispensables à la création d’un espace pour échanger, élargir et actualiser nos connaissances, soutenir nos réflexions ainsi que valider les outils d’intervention liés à ces problématiques pour définir une orientation commune dans nos modes d’action. Dans cette optique, le Colloque international sur l'exploitation sexuelle des enfants et les conduites excessives est un lieu qui ouvre à de nouvelles perspectives d’avancement.

Mise en contexte et pertinence du projet

La pertinence de ce projet tire ses fondements depuis l’importance et l’actualité des thèmes abordés jusqu’à la dimension novatrice de l’approche privilégiée. Se démarquant par l’introduction (1re édition) et l’implantation (2e édition) du concept des conduites excessives à la problématique de l’exploitation sexuelle, il offre ainsi la possibilité de prendre connaissance et d’échanger sur les moyens et méthodes pour prévenir, comprendre et intervenir face à l’exploitation sexuelle en lien avec les comportements excessifs ou déviants. Présenté sous forme de Colloque, cet événement permet de réunir des spécialistes de renom et de mettre en commun les recherches et les compétences d’une pluralité d’horizons. Cet espace interdisciplinaire est indispensable à la création de liens, contacts, ressources, connaissances et échanges pour élargir et actualiser nos connaissances. Dans sa visée, le Colloque traduit l’esprit véhiculé par la Déclaration et le Plan d’action national Un Canada digne des enfants (2004) prenant racine dans la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants en 2002, un « consensus mondial sur des stratégies et des actions visant à améliorer la situation des enfants du monde ». De plus, cet événement s’inscrit dans l’un des quatre champs prioritaires identifiés au cours de cette session, à savoir de « protéger les enfants contre la maltraitance, l'exploitation et la violence ». Le Colloque est donc une initiative qui répond à l’appel du Plan d’action national d’adopter des stratégies « axées sur l'enfant, plurisectorielles, prospectives et concertées ».

L'engagement du Québec contre l'exploitation sexuelle

Le gouvernement québécois a lancé une variété de lignes directrices issues de divers ministères. Parmi ces initiatives, nommons le Plan d’action en santé et bien-être des femmes 2010-2013 introduit par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) intitulé Au féminin... à l'écoute de nos besoins qui couvre entre autres les thématiques des agressions sexuelles, de violence conjugale et d’exploitation sexuelle ainsi que de santé mentale en lien avec les conduites excessives. Soulignons également les projets lancés par des organismes-clés au Québec qui permettent, dans cette même visée, d'allier prévention et intervention en matière d'exploitation sexuelle. Le ministère de la Sécurité publique s’est également engagé à lutter contre l’exploitation sexuelle des jeunes, parallèlement auquel nous saluons la création du Module d’Exploitation Sexuelle des Enfants à des fins Commerciales instauré au sein du Service de Police de la Ville de Montréal .

L'engagement du Canada contre l'exploitation sexuelle

Le gouvernement canadien s’est quant à lui engagé, à maintes reprises, à protéger les enfants contre l’exploitation sexuelle : en ratifiant la Convention relative aux droits de l’enfant (1991) et son Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants (2005), lors de la session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants (2002) ainsi qu’à l’occasion des trois Congrès mondiaux contre l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents à Stockholm (1996), Yokohama (2001) et, en 2008, à Rio de Janeiro. Or, la stratégie multisectorielle réclamée par le plus récent Plan d’action adopté à Rio de Janeiro, dont le Canada fait partie, met en lumière que la lutte contre ces violations requiert des efforts concertés fondés sur un plaidoyer en faveur du droit des enfants de vivre à l’abri de toute exploitation et de violence sexuelle. Récemment, le Ministère de la Justice du Canada a réitéré cette implication proactive en soutenant la 1re édition du Colloque international sur l’exploitation sexuelle des enfants et les conduites excessives tenu les 31, 1er et 2 juin 2011 au Fairmont le Manoir Richelieu (La Malbaie, Québec).

Objectifs du Colloque

Né d'une volonté d’amener les participants-es à se doter d’un langage commun et se donner des lignes directrices concrètes sur les actions collectives à mener concernant l’exploitation sexuelle des enfants et les conduites excessives, le Colloque valorise la concertation de professionnels issus entre autres, des milieux juridiques, de la santé, des services sociaux, de l’éducation, de l'industrie du tourisme et du voyage et des secteurs privés. Cette mise en commun de compétences interdisciplinaires crée un espace pour échanger, élargir et actualiser nos connaissances, soutenir nos réflexions ainsi que valider les outils d’intervention liés à ces problématiques pour définir une orientation commune dans nos modes d’action.

Dans cette visée, le Colloque tient pour objectifs de :
­ - Sensibiliser les populations du Canada et de l’étranger afin d’impliquer et conscientiser le public au sujet des problématiques de l’exploitation sexuelle et des conduites excessives;
­ - Accroître les connaissances des participants sur la nature et l’étendue des enjeux selon une approche multisectorielle;
­ - Identifier des lignes directrices et outils concrets pour les actions collectives à mener concernant l’exploitation sexuelle des enfants et les conduites excessives.

Soulignons que les objectifs s’appuient sur l’esprit de la Convention relative aux droits de l’enfant et les instruments relatifs aux droits de l’enfant.